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Sunday, November 8, 2015

L'orchidée noctambule a vingt ans

Couverture de la plaquette
C'est ainsi que tout prend un coup de vieux, une patine chérie, pleine de nostalgie, d'un temps que du coup, comme dirait l'autre, les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

En octobre 1995 paraissait mon premier recueil de poèmes L'orchidée noctambule, titre que j'ai du coup utilisé pour ce blog. Les éditions Press-Stances étaient basées à Bordeaux et dirigées par Frédéric maire, disparu en 2003.

Quelques collaborations à la revue Press-Stances et Frédéric me proposa de recueillir quelques-uns de mes premiers textes dans cette plaquette, deuxième à paraître aux éditions, après celle d'Ali Boutamina Mélancolie, en août de la même année.

Frédéric fut un ami, un réel compagnon de route, l'un des premiers à croire en ce que j'écrivais et à m'ouvrir les portes de la petite presse francophone. J'en ai défoncées d'autres depuis, outre-Atlantique et outre-Manche.

Beaucoup de ces textes sont juvéniles bien sûr et peu ont survécu à ce recueil. L'un d'entre eux fait aujourd'hui parti d'un autre recueil Les chants du malaise publié en 2011 au Chasseur abstrait dans le numéro 73-74 de la RAL,M. D'autres figurent aussi dans le recueil Etranges anges anglais publié chez mgv2>publishing en décembre 2012. D'autres encore font parti d'un recueil resté inédit et qui le restera Remparts sous la lune. Ceci dit tous les poèmes ont été publiés et dans leur traduction en anglais aussi.

Ce recueil c'est aussi l'exil vers la Grande-Bretagne, Bath, et une adresse au-dessus d'un fleuriste, une existence pleine de rencontres et d'opportunités, dont celle avec l'illustrateur de la revue Craig J. McCafferty et son chat au chapeau. Relire le recueil et parcourir les quelques 30 pages qu'il contient, se dire aussi qu'il se vendait pour 25FF, et cette couverture rouge qui fut un temps la marque de fabrique de la revue et des éditions Press-Stances.

24 recueils plus tard, dont une bonne partie en anglais chez IWA après L'orchidée noctambule ou les derniers chez différents éditeurs, il reste de bons souvenirs, mais pas que, et l'impression d'avoir encore un pied au XXème siècle, comme un dinosaure, ou un étranger dans son propre siècle.

Extraits:

Ne plus compter les insomnies
reviendrait à se réveiller
et sous les escaliers pavés
de froid
de ficelle
et de bois
nos engelures se rassasient
en ouvrant nos veines
pleines.

in Remparts sous la lune

Dans la mansarde ténébreuse
l’heureuse Zelda Rissenstein
se caresse le ventre
et les seins

les soldats bruns l’emportent
sur leurs ailes d’acier
dans un wagon de tôle froissée
et sur les rails de l’enfer
le wagon roule, roule encore
son corps
mutilé et atrocité 
des exhalaisons
passagères

le rythme d’équinoxe
solstice de la perte
une fournaise et puis des cendres
Zelda Rissenstein et Cassandre.

in Les chants du malaise

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